Arrima 2026 : professions réglementées, français, expérience… qui le Québec invite-t-il vraiment ?
En 2026, le Québec poursuit sa sélection de travailleurs qualifiés à travers Arrima, mais les invitations ne reposent pas uniquement sur le score obtenu dans le profil.
Avec le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), le Québec cherche de plus en plus à sélectionner des candidats qui correspondent directement à ses besoins économiques et à ses priorités en matière d’immigration.
Profession, niveau de français, expérience professionnelle, expérience au Québec, diplôme québécois, région d’établissement et profession réglementée peuvent ainsi influencer les chances de recevoir une invitation.
Alors, qui le Québec invite-t-il réellement dans Arrima en 2026 ?
Le PSTQ est désormais au cœur de la sélection
Le PSTQ s’adresse aux personnes qui souhaitent immigrer au Québec de façon permanente comme travailleurs qualifiés, qu’elles se trouvent déjà au Québec ou à l’étranger.
Pour participer, le candidat doit d’abord déposer une déclaration d’intérêt dans Arrima. Son profil est ensuite intégré à la banque de déclarations d’intérêt et classé selon différents critères.
Le programme comporte quatre volets :
- Volet 1 : Haute qualification et compétences spécialisées
- Volet 2 : Compétences intermédiaires et manuelles
- Volet 3 : Professions réglementées
- Volet 4 : Talents d’exception
Le volet applicable dépend notamment de la profession principale et de sa catégorie FEER.
1. Les professions réglementées occupent une place importante
Le volet 3 concerne les personnes qui exercent ou souhaitent exercer une profession réglementée au Québec.
Cette catégorie est particulièrement intéressante, car le Québec peut cibler des professions précises correspondant à ses besoins.
Dans les exercices d’invitation de 2026, les professions réglementées ont notamment été ciblées dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’ingénierie, des métiers spécialisés et du transport.
Le Québec peut également tenir compte de la possession d’une autorisation d’exercer ou de la reconnaissance partielle ou complète de la formation ou du diplôme par l’autorité réglementaire compétente.
Pour un candidat exerçant une profession réglementée, il ne suffit donc pas d’avoir un bon profil général : la capacité à exercer la profession au Québec peut devenir un élément déterminant.
2. Le français reste un critère central
Le français occupe une place importante dans le système Arrima.
Le niveau demandé dépend du volet et de la profession.
Dans plusieurs sélections du volet 1, par exemple, les candidats devaient avoir au moins :
- niveau 7 à l’oral dans les deux compétences orales ;
- niveau 5 à l’écrit dans les deux compétences écrites.
Pour certaines professions du volet 2, le niveau demandé était plutôt de 5 à l’oral, sans exigence écrite dans les critères de ces exercices.
Cette différence est importante : il n’existe pas un seul niveau de français valable pour tous les candidats Arrima.
Le niveau exigé dépend notamment du volet, de la catégorie FEER et des critères appliqués lors de l’exercice d’invitation.
3. L’expérience professionnelle peut faire la différence
Le Québec accorde également une grande importance à l’expérience.
Dans plusieurs invitations de 2026, les candidats devaient démontrer une expérience dans leur profession principale au cours des dernières années.
Par exemple, certaines sélections du volet 1 exigeaient au moins 12 mois d’expérience professionnelle au cours des cinq dernières années. Pour certaines invitations du volet 2, le Québec exigeait une expérience plus importante, notamment 24 mois au cours des cinq dernières années, dont 12 mois au Québec.
L’expérience n’est donc pas seulement un élément servant à calculer un score : elle peut également devenir une condition d’invitation.
4. L’expérience acquise au Québec est particulièrement intéressante
Un élément ressort fortement de la stratégie québécoise : les candidats déjà intégrés au Québec sont privilégiés dans plusieurs sélections.
Le gouvernement du Québec a indiqué que, depuis juillet 2025, les invitations au PSTQ donnent notamment la priorité aux personnes déjà établies au Québec, en particulier celles qui :
- possèdent un diplôme québécois ;
- travaillent dans les régions ;
- exercent une profession en forte demande ;
- possèdent le niveau de français requis.
Cela ne signifie pas que les candidats vivant à l’étranger sont exclus.
Cependant, pour certains profils, avoir déjà étudié ou travaillé au Québec peut constituer un avantage important.
5. Le diplôme québécois peut également être valorisé
Le système de classement d’Arrima prend en compte différents éléments liés au capital humain et à l’intégration.
Parmi eux figure notamment le diplôme obtenu au Québec.
Le système peut également tenir compte de la durée des études effectuées au Québec et de la présence d’un membre de la famille dans la province.
Cela explique pourquoi le parcours :
études au Québec → diplôme québécois → expérience professionnelle → déclaration d’intérêt Arrima
peut être particulièrement intéressant pour certains candidats.
Attention toutefois : étudier au Québec ne garantit pas une invitation. Les critères appliqués peuvent évoluer en fonction des priorités du gouvernement.
6. Les régions hors Montréal sont de plus en plus importantes
Le Québec cherche également à mieux répartir l’immigration sur son territoire.
La durée de séjour à l’extérieur du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) peut faire partie des critères pris en compte dans le classement.
Le lieu de travail et une offre d’emploi validée peuvent également jouer un rôle.
Pour certains candidats, accepter de travailler et de s’établir dans une région où les besoins de main-d’œuvre sont plus importants peut donc renforcer leur profil.
7. Les métiers en pénurie sont particulièrement surveillés
Le Québec ne sélectionne pas uniquement en fonction du niveau d’études.
Le marché du travail constitue également un élément important.
Le système d’invitation peut tenir compte du diagnostic de main-d’œuvre, combiné, selon les cas, à l’expérience dans la profession principale.
Cela signifie qu’une profession correspondant à un besoin important du marché québécois peut devenir un véritable avantage lors d’une sélection.
Les exercices récents ont notamment ciblé des professions liées à la santé, à l’éducation, aux services sociaux, aux métiers spécialisés, à l’ingénierie et à certains secteurs techniques.
8. Les critères peuvent changer d’un tirage à l’autre
C’est probablement l’un des éléments les plus importants à comprendre pour les candidats.
Le Québec précise qu’il peut, lors de chaque exercice d’invitation, ajouter des critères ou rendre les critères plus restrictifs selon les priorités gouvernementales et les besoins socioéconomiques de la province.
Ainsi, un candidat qui aurait été invité lors d’un précédent exercice ne sera pas nécessairement invité lors du suivant avec exactement le même profil.
Il faut donc éviter de considérer un ancien seuil ou un ancien tirage comme une règle permanente.
Arrima 2026 : quels profils semblent les mieux positionnés ?
En observant les critères appliqués dans les différents exercices de 2026, plusieurs caractéristiques ressortent.
Profil particulièrement intéressant
Un candidat peut être mieux positionné s’il cumule :
- une profession correspondant aux priorités du Québec ;
- une expérience professionnelle pertinente ;
- un bon niveau de français ;
- une expérience de travail au Québec ;
- un diplôme québécois ;
- une profession réglementée avec reconnaissance ou autorisation appropriée ;
- une offre d’emploi pertinente ;
- une volonté de s’établir dans une région où les besoins de main-d’œuvre sont importants.
Cela ne garantit évidemment pas une invitation, mais ce type de profil correspond davantage aux critères que le Québec utilise actuellement.
Les candidats à l’étranger peuvent-ils encore être invités ?
Oui.
Le PSTQ s’adresse aux travailleurs qui se trouvent au Québec ou à l’étranger.
Cependant, les critères de certains exercices peuvent favoriser les personnes déjà établies dans la province.
Pour un candidat à l’étranger, il devient donc particulièrement important de miser sur les éléments qu’il peut contrôler :
- son niveau de français ;
- son expérience professionnelle ;
- sa profession ;
- sa formation ;
- la reconnaissance éventuelle de ses qualifications ;
- une éventuelle offre d’emploi ;
- son adéquation avec les besoins du marché du travail québécois.
Quel niveau de français faut-il viser ?
Il n’existe pas un niveau unique pour tous les candidats.
Mais pour les personnes qui envisagent le Québec, viser un niveau de français élevé reste une stratégie particulièrement importante.
Dans plusieurs exercices du volet 1 et du volet 3, le Québec a utilisé le niveau 7 à l’oral et 5 à l’écrit comme exigence.
Pour certaines professions du volet 2, le niveau oral demandé était inférieur.
Il est donc préférable de ne pas préparer son dossier uniquement pour atteindre le minimum d’un seul exercice. Un niveau de français plus élevé peut permettre de rester compétitif lorsque les critères évoluent.
Le TCF Canada peut-il servir pour préparer son projet ?
Les candidats doivent démontrer leur connaissance du français avec un document accepté par le Québec dans le cadre du programme concerné.
Le Québec accepte notamment certains résultats de tests de français reconnus, et les exigences varient selon le programme et la situation du candidat.
Pour ceux qui préparent le TCF Canada, un entraînement régulier aux quatre compétences peut être utile, notamment pour développer rapidement la compréhension et l’expression.
Les candidats peuvent retrouver des ressources de préparation sur Réussir TCF Canada, notamment des exercices et des sujets d’expression écrite et orale. Réussir TCF Canada
Arrima 2026 : le score n’est pas le seul élément à regarder
Il serait donc incorrect de résumer Arrima à une simple question de score.
Le système prend en compte plusieurs dimensions :
Français + âge + expérience + études + profession + besoins du marché du travail + expérience au Québec + région + offre d’emploi + autres facteurs d’intégration.
Certains critères sont utilisés pour classer les profils, tandis que d’autres peuvent directement servir de conditions d’invitation.
C’est pourquoi deux candidats ayant des scores proches peuvent avoir des perspectives très différentes selon leur profession et leur parcours.
Questions fréquentes
Cela dépend du volet et de l'exercice d'invitation. Dans plusieurs sélections du volet 1 et du volet 3, le Québec a demandé le niveau 7 à l'oral et 5 à l'écrit. Certaines sélections du volet 2 ont utilisé le niveau 5 à l'oral.
Elles peuvent être ciblées dans le volet 3 lorsque leur profession correspond aux priorités du Québec. L'autorisation d'exercer ou la reconnaissance de la formation peut également être prise en compte.
Non. Le PSTQ peut sélectionner des candidats au Québec comme à l'étranger. Cependant, certaines invitations donnent une importance particulière à l'expérience professionnelle acquise au Québec.
Non. Un diplôme québécois peut être valorisé dans le système de classement, mais il ne garantit pas une invitation.
Oui. Le Québec précise que les critères peuvent être adaptés ou rendus plus restrictifs selon les priorités gouvernementales et les besoins socioéconomiques.
Conclusion
En 2026, le Québec recherche surtout des profils capables de répondre à ses besoins réels en matière de main-d’œuvre et d’intégration.
Les professions réglementées, les métiers en demande, l’expérience professionnelle, le français et l’ancrage au Québec occupent une place importante dans les sélections Arrima.
Pour les candidats déjà au Québec, un diplôme québécois, une expérience professionnelle locale ou un emploi dans une région peuvent renforcer le profil. Pour les candidats à l’étranger, la profession, l’expérience, le français et l’adéquation avec les besoins du marché deviennent particulièrement importants.
La stratégie la plus prudente consiste donc à ne pas se concentrer uniquement sur le score Arrima, mais à construire un profil correspondant au maximum aux priorités du Québec.